Une équitation sans cesse en mouvement...

Les chevaux ont encore beaucoup à nous apprendre sur eux.

Une équitation éthique est réalisable si  son principe fondamental est de laisser la parole au cheval.

Un puissant moyen de les comprendre, est de s'informer sur les découvertes mises à jour par les éthologues universitaires.

La communication

Les douze années durant lesquelles j'ai accueilli des groupes de chevaux, au sein de mon écurie, ont été riches en recherches ainsi qu'en découvertes sur leurs interactions, entre eux et avec nous. J'ai eu la chance de vivre au milieu d'eux. Il y a quatre ans j'ai vendu cette structure pour me consacrer quotidiennement à mes quatre chevaux et à l'enseignement au domicile de mes élèves. Ne plus avoir la charge chronophage d'une écurie m'a permis de prendre plus de temps, même si je le faisais déjà, et de modifier plus en profondeur ma qualité d'écoute. J'ai compris à quel point ils sont à même de pousser la communication et la compréhension bien au delà de ce qu'on pense. Leur adaptation et leur intelligence sont immenses. 

Une vraie intelligence affective et cognitive!

Les éthologues universitaires sont désormais unanimes: les chevaux sont doués d'émotions, de sentiments, ils font des catégories, ils élaborent des stratégies, il peuvent recourir à des apprentissages oubliés depuis des années, ils nous reconnaissent parfaitement, ils se différencient entre eux, ils évaluent nos différents états d'esprits... la liste n'est pas exhaustive mais déjà suffisante pour vous convaincre que notre approche doit être pédagogique et qu'il faut laisser de côté toutes celles qui font appel aux méthodes coercitives, que ce soit sur le plan physique ou psychique. Je peux affirmer que les chevaux sont toujours enclins à nous répondre par la positive, dès lors que nous avons expliqué et présenté nos demandes avec intelligence et méthode. S'ils disent non, c'est que vraiment ce n'est pas possible: ont ils le droit de le dire sans que nous craignions que cela devienne une habitude? Insistons nous par peur ou en toute conscience?

Si nous voulons être entendus par eux, nous devons les écouter et ainsi leur prouver qu'ils peuvent s'exprimer. Un autre monde s'ouvre alors... Celui d'une riche communication, les chevaux ont une multitudes de signaux à nous faire découvrir!

 

Le consentement équin

C'est une notion que nous pouvons apprendre et je suis convaincue qu'elle doit être le socle de nos intervention avec les chevaux. Nous avons désormais suffisamment de connaissances théoriques, le fruits de recherches  rigoureuses, pour affirmer que les chevaux ne sont pas uniquement conduits par leurs émotions et qu'ils sont doués de réflexion. S'enquérir de leur consentement c'est s'assurer que nous leur avons apporté tous les éléments de compréhension et qu'il peuvent à tout moment exprimer leur refus de continuer à nous répondre, à nous laisser guider leur corps. Quand ils disent non, ou avant cela qu'ils émettent quelques résistances, c'est que nous devenons inaudibles, que nous dépassons la mesure, que nous devons fractionner plus encore notre programme, et pourquoi pas... le remettre à un peu plus tard ou aborder la question sous un autre angle. Il s'agit alors de s'adresser à l'intelligence du cheval en s'interdisant tout moyen coercitif.

L'équitation est une langue nouvelle et elle n'est pas innée pour le cheval... pour l'humain non plus. Nous nous devons de la faire évoluer avec notre époque.

Le renforcement positif est, entre autre,  un excellent moyen d'amener le cheval vers la résolution d'un apprentissage. La friandise (mais pas que!), peut permettre de lui confirmer qu'il est dans la bonne direction dans sa recherche, pour répondre à une consigne, et je la préfère de loin à l'augmentation de la pression quand il ne trouve pas la bonne solution. 

Amateurs et professionnels nous n'avons, en réalité, aucune obligation de résultat mais nous nous devons d'offrir de bons moments à nos chevaux et un enseignement riche aux élèves équins et humains.